Les priorités

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  • ANALYSER ET COMPRENDRE LES FACTEURS QUI LIMITENT LE RECOURS A LA PREVENTION, AU DEPISTAGE ET AUX SOINS  
  • CONTRIBUER A L'AMELIORATION DES POLITIQUES DE SANTE PUBLIQUE
  • IMPULSER DES RECHERCHES SUR LES SITUATIONS ET POPULATIONS LES PLUS EXPOSEES
  • IMPLIQUER LES COMMUNAUTES DANS LA CONSTRUCTION DE LA RECHERCHE
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En France, près de 6 600 personnes découvrent chaque année leur séropositivité pour le VIH. Les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, pour lesquels on observe une augmentation des nouvelles découvertes d’infection depuis 2011, constituent près de la moitié de ces nouveaux cas (42 %). D’autres populations à risque sont également identifiées tels que les migrants hétérosexuels et les populations de Guyane française.

Le nombre de personnes infectées par le VIH et ignorant leur séropositivité serait responsable de la majorité (64 %) de ces nouvelles infections en France. L’enjeu est donc d’initier et d’évaluer de nouvelles approches de prévention, comme la prophylaxie pré-exposition, et de dépistage du VIH, afin d’infléchir la courbe des nouveaux cas d’infection.

Une part importante des recherches menées à l’ANRS sont des recherches communautaires réalisées en partenariat étroit avec les associations de patients. Les représentants associatifs, de plus en plus impliqués dans la recherche (certain sont responsables de projets), contribuent à l'adéquation de la recherche avec les questions de santé publique.

Eliminer la transmission du VIH

L’ONUSIDA appelle à mettre fin à l’épidémie du VIH d’ici 2030. Pour y parvenir, l’objectif 90-90-90 doit être atteint en 2020 : 90% des personnes vivant avec le VIH devraient connaître leur séropositivité, 90% des personnes connaissant leur statut devraient recevoir un traitement et 90 % des personnes sous traitement contre le VIH devraient parvenir à un état de suppression virale.  
Atteindre ces objectifs implique une amélioration du dépistage précoce de l’infection par le VIH afin de réduire le temps entre contamination et mise sous traitement mais aussi un renforcement de la prévention notamment chez les populations clés.

"Infléchir la courbe des nouvelles infections"

Dépister rapidement pour traiter le plus tôt possible

Les tests de dépistage rapide du VIH représentent une alternative au cadre habituel du dépistage. Bien acceptée cette offre délocalisée de dépistage peut être réalisée par des professionnels de santé ou des acteurs communautaires sous conditions qu’ils appartiennent à une  structure accréditée et soient formés à la technique.
L’étude ANRS Cube étudie l’acceptabilité d’une offre de dépistage rapide pour le VIH et les hépatites B et C. Elle se déroule à Paris auprès de populations exposées aux risques d’infection : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ; les travailleurs du sexe et les usagers de drogues

Une autre offre de dépistage est mise en place en France depuis mi-2015, c’est l’autotest VIH. Son impact sur les actes de dépistage doit être évalué, notamment au sein de deux populations pour lesquelles la prévalence du VIH est élevée : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les migrants d’Afrique subsaharienne.

C’est l’objectif de l’étude V3T (« VIH : Teste-Toi Toi-même »). Cette étude s’intéresse aux difficultés et obstacles qui peuvent entraver l’accès aux autotests. Elle apportera également des éléments d’information sur l’accès au traitement si le résultat du test de dépistage est positif.

Renforcer la prévention

La ville de Paris s’est engagée à relever le défi de l’Onusida : éradiquer le VIH en 2030 (Vers Paris sans SIDA). L’ANRS accompagne cette initiative sur le plan scientifique à travers son programme de recherche communautaire ANRS PREVENIR. L’objectif : limiter le nombre de nouvelles infections par le VIH en Ile-de-France en favorisant l’accès à l’offre de PrEP (prophylaxie pré-exposition) auprès des populations les plus à risques d’être infectées (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes/ transgenres/professionnels du sexe/migrants).

Réduire les risques d’infection en prison

Le milieu carcéral est un milieu cumulant un risque infectieux élevé (proportion importante d’usagers de drogues, prévalences élevées du VIH et du virus de l’hépatite C…) et un accès aux mesures de réduction des risques (RdR) insuffisant (préservatif, programme d’échange de seringues, eau de javel, dépistage du VIH et des hépatites…).
L’étude ANRS PRIDE a pour objectif d'analyser les obstacles à la mise en place d’une politique adaptée de réduction des risques en prison. Elle évaluera l’acceptabilité des mesures de réduction des risques par l’ensemble des catégories de personnels et par les détenus. Elle démarrera en 2017 dans l'établissement pénitentiaire des Baumettes à Marseille pour être déployée à partir de 2018 dans trois autres établissements en France métropolitaine et dans un département d'outre-mer.

"Un coût de prise en charge en augmentation"

Le coût des traitements antirétroviraux

L’efficacité des traitements antirétroviraux (ARV) a permis d’améliorer considérablement l’espérance de vie des patients infectés par le VIH,  qui désormais est proche de celle de la population générale. Le coût de ces traitements dispensés à vie est souvent onéreux et associé aux dépenses de santé engendrées par les co-morbidités et autres complications, le coût relatif à la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH/sida est en augmentation ces dernières années.
Une fois les critères de tolérance et d’efficacité respectés, le coût du traitement ARV pourrait être pris en compte lors de la prescription des traitements ARV lorsque le choix entre plusieurs combinaisons thérapeutiques est possible.

Informer pour mieux maîtriser les coûts

Réalisée au sein de l’hôpital Bichat, l’étude ANRS GOTA (Gestion Optimale de Traitements ARV) évalue l’impact d’interventions, réalisées auprès de médecins et de patients atteints par le VIH, sur la baisse des dépenses de prescription en ARV. Ces interventions consisteront à informer et sensibiliser patients et prescripteurs sur le coût des traitements ARV et ne devront pas avoir d’impact sur l’efficacité et la tolérance du traitement ainsi que sur la relation patient-médecin.

Renforcer la recherche en Guyane

Depuis 2011, les départements d’Outre-mer sont des territoires prioritaires dans la lutte contre l’infection par le VIH/Sida. En France Au niveau national, la Guyane française est le département français le plus touché.

"La prévalence du VIH en Guyane dépasse les 1%"

La région située le long du fleuve Maroni, à la frontière avec le Suriname, est une région particulièrement sensible. Cette région est composée de communautés amérindiennes et marronnes très mobiles, isolées, vulnérables et à haut risque d’infection car plus rarement dépistées et pour lesquelles  les données épidémiologiques manquent.

Améliorer les connaissances épidémiologiques

Une étude soutenue par l’ANRS vise à connaître l’épidémiologie du VIH (mais aussi des hépatites B, C et D) dans la population générale adulte vivant sur le fleuve Maroni, frontière entre la Guyane française et le Suriname. L’objectif est donc d’estimer la prévalence du VIH et des hépatites C et D et le statut de l’infection par l’hépatite B. Cette étude permettra également d’orienter rapidement les sujets dépistés séropositifs vers un centre de soins.