Les priorités - VIH/sida - clin

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Depuis plus de 20 ans, les avancées réalisées en recherche clinique ont permis d’améliorer considérablement la qualité de vie des patients infectés par le VIH : contrôle de la virémie, espérance de vie des patients bien contrôlés comparable à celle de la population générale, diminution des effets secondaires engendrés par les traitements...

Malgré toutes ces grandes avancées, des questions restent à explorer : comment certains patients parviennent-ils à contrôler l’infection par le VIH ? Comment réduire la taille des réservoirs viraux ? Est-il possible d’alléger les traitements pour les patients bien contrôlés?

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Contrôler l’infection
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Certains patients parviennent, de façon spontanée ou après l’interruption d’un traitement antirétroviral pris très tôt après l’infection, à contrôler leur infection. A travers ses recherches, l’ANRS tente de comprendre comment ce contrôle est possible : quels sont les mécanismes virologiques et immunologiques en jeu ? Comment un traitement initié précocement contribue-t'il à ce contrôle ? Quels sont les facteurs associés à ce contrôle après arrêt du traitement ?

LA COHORTE ANRS CO21 CODEX, UNE COHORTE UNIQUE

La cohorte ANRS CO21 Codex regroupe trois profils de patients contrôleurs de l’infection par le VIH. Leur étude permet d’explorer différentes voies pour tenter de comprendre comment un tel contrôle est possible. La compréhension de ces mécanismes pourrait à terme permettre de mettre en place un vaccin thérapeutique efficace
- les patients asymptomatiques à long terme : infectés par le VIH depuis longtemps, ces patients, en l'absence de traitement, ont un nombre de cellules CD4 stable, quelle que soit la charge virale.
- les patients contrôleurs du VIH : infectés par le VIH depuis au moins 5 ans, ces patients sont asymptomatiques et possèdent une charge virale inférieure à 400cp/mL, quel que soit le nombre de cellules CD4 et en absence de traitement antirétroviral.
- les patients contrôleurs post-traitement : ces patients, encore appelés "Visconti",  contrôlent leur infection après arrêt d’un traitement antirétroviral pris dès la primo-infection.

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Traiter dès la primo-infection
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Certains patients, appelés "Visconti", mis sous traitement antirétroviral dès la primo-infection, parviennent après arrêt du traitement à contrôler leur infection. Est-il possible de reproduire un tel schéma grâce à un traitement pris très tôt après l’infection ?

ESSAI ANRS 169 OPTIPRIM 2

Cet essai multicentrique randomisé évalue; chez des patients en primo-infection VIH-1, l’impact sur le réservoir viral d’une combinaison de médicaments comprenant ténofovir/emtricitabine et darunavir/cobicistat. L’objectif, en traitant très tôt, est de limiter la quantité de virus dans les réservoirs et d'arriver à interrompre les traitements. Comme chez les patients "Contrôleurs post-traitement" (Visconti), parviendront-ils à contrôler leur infection après arrêt des médicaments ?

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Alléger les traitements
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L’ANRS étudie la faisabilité d’un allègement thérapeutique pour les patients en succès virologique sous trithérapie et ne présentant aucune résistance.  L’objectif est d’améliorer leur confort de vie et de limiter le risque de toxicité pouvant être induit par les molécules.

REDUIRE LE NOMBRE DE MOLECULES

Deux essais thérapeutiques tentent de déterminer s’il est possible de maintenir un succès thérapeutique lorsque les patients passent d’une trithérapie à une bithérapie.

L’essai ANRS 163 ETRAL : évalue la capacité d’une bithérapie (associant raltégravir/étravirine) à maintenir le succès virologique jusqu’à 48 semaines chez des patients infectés par le VIH-1 recevant  en premier lieu une trithérapie

L’essai ANRS 167 LAMIDOL : évalue l’efficacité virologique d’une bithérapie par dolutégravir et lamivudine chez des participants infectés par le VIH-1 en succès virologique sous trithérapie


ALLEGER LA FREQUENCE DE PRISE DES TRAITEMENTS

Un essai mené à l’ANRS étudie si l’efficacité d’un traitement  pris quotidiennement persiste lorsque les prises sont espacées.

L’essai ANRS QUATUOR : Cet essai chercher à démontrer que la stratégie 4/7 jours est non-inférieure à la stratégie 7 jours/7, en d'autres termes qu'à efficacité égale, les patients du groupe "Allègement" retireront des bénéfices secondaires de ce protocole (moins d'effets secondaires, meilleure observance …).

Ce nouvel essai fait suite aux résultats encourageants (communiqué ANRS juillet 2016) de l’essai ANRS 162 4D qui a évalué la capacité à maintenir le succès virologique d’une stratégie de prise de traitement antirétroviral 4 jours consécutifs sur 7 en relais d’une stratégie à 7 jours sur 7 chez des patients infectés par le VIH-1 ayant une charge virale VIH-1 indétectable depuis au moins 12 mois.


Ce succès thérapeutique se maintient, malgré la baisse des médicaments, pendant toute la durée de l’essai. La plupart des gens disent avoir l’impression  de maîtriser beaucoup mieux leur santé, de choisir de prendre leur traitement les quatre jours et de choisir de ne pas les prendre le week-end. Cela leur permet de partir chez des amis sans avoir forcément à sortir leurs médicaments » Pierre de Truchis - France info.fr - 19.07.2016

ALLEGER LA DOSE DES TRAITEMENTS

L’allègement thérapeutique s’applique également à la diminution des doses de certaines molécules composant le traitement. Un essai ANRS s’intéresse à la molécule darunavir et au maintien de l’efficacité du traitement antirétroviral lorsque sa dose est diminuée de moitié.

L’essai ANRS 165 DARULIGHT : il s'intéresse à des patients infectés par le VIH-1, ayant une charge virale indétectable sous traitement comprenant darunavir à 800mg/j (associé à deux inhibiteurs nucléosidiques de la reverse transcriptase). Il cherche à maintenir la charge virale inférieure à 50 copies/mL lorsque la dose de darunavir est réduite à 400mg/j.

ALLEGER LE TRAITEMENT DE LA FEMME ENCEINTE

En France, pendant la grossesse, il est recommandé d’administrer à la future mère une trithérapie comprenant un inhibiteur de protéase. Plusieurs études ont toutefois montré qu’il existait des risques élevés de prématurité, d’anomalies cardiaques chez l’enfant et de toxicité pour la mère, induits par le traitement. L’allègement thérapeutique représente une voie à explorer pour en limiter la survenue.

L’essai ANRS 168 Monogest : évalue si un traitement sans inhibiteur  de protéase permettrait de limiter les risques de toxicité pour l’enfant tout en permettant d’éviter la transmission de la mère à l’enfant.

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