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À l’échelle mondiale, 130 à 150 millions d’individus sont porteurs chroniques de l’hépatite C et environ 240 millions de personnes souffrent d'une infection chronique par le virus de l’hépatite B. On rencontre l’hépatite C partout dans le monde mais les régions les plus touchées sont l’Afrique et l’Asie centrale et orientale et c’est en Afrique subsaharienne et dans l’est de l’Asie que la prévalence de l’hépatite B est la plus forte.

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L’agence soutient depuis 2001 des recherches sur les hépatites et la co-infection VIH-hépatites dans les pays à ressources limitées, dans toutes les disciplines : recherche fondamentale et clinique, recherche en sciences sociales et en santé publique. Ces recherches se développent dans le cadre d’un partenariat nord/sud à la fois scientifique et politique, établi dans huit « Sites ANRS », essentiellement localisés en Asie du Sud-Est et en Afrique francophone. Un site plus particulièrement dédié aux hépatites a de plus été créé en Egypte compte tenu de l’importance de l’épidémie dans ce pays. Les engagements de l’ANRS et des chercheurs ainsi que les modalités de déroulement des projets de recherche sont inscrits depuis 2000 dans une charte, « La Charte d’éthique de la recherche dans les pays en développement » qui sert de référence à tout chercheur réalisant une recherche au Sud soutenue par l’ANRS. L’objectif princeps de toute recherche ANRS y est rappelé en préambule : « elle vise à lutter contre la maladie et à améliorer la santé des populations ». 

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Quelques publications phares
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Traiter les patients infectés par le VHC de genotype 4

Le virus de l’hépatite C présente 6 génotypes majeurs. L’étude ANRS 1211 examine pour la première fois la réponse au traitement à base de PEG-IFN alfa-2a et ribavirine chez des patients égyptiens infectés par le VHC de génotype 4. Après 48 semaines de traitement, une réponse virologique soutenue est observée chez 61% des patients, ce qui est mieux que la réponse au même traitement pour le génotype 1 (entre 42 et 46%) mais moins bien que pour les génotypes 2 et 3 (entre 76 et 82%).  Cette étude a beaucoup contribué au lancement du programme national de traitement égyptien, qui a pris en charge avec les nouveaux antiviraux plus de 100,000 patients en 2017.


Response to pegylated interferon alfa-2a and ribavirin in chronic hepatitis C genotype 4. El Makhzangy H, Esmat G, Said M, Elraziky M, Shouman S, Refai R, Rekacewicz C, Gad RR, Vignier N, Abdel-Hamid M, Zalata K, Bedossa P, Pol S, Fontanet A, Mohamed MK. J Med Virol 2009, Vol:81, 9, 1576-1583. (ANRS 1211)


L’intérêt des tests sur papier buvard

Au décours du dépistage du VIH, celui des hépatites B et C n’est en général pas effectué. Grâce à l’utilisation de papiers buvard (Dried Blood Spot) il est possible d’établir un diagnostic du VIH mais aussi des hépatites B et C. Peu chers, faciles à utiliser, conserver et transporter, les papiers buvard en recueillant de simples gouttes de sang pourraient ainsi être très utiles pour des campagnes nationales de dépistage de ces trois virus dans les pays à ressources limitées.

Kania D, Bekalé AM, Nagot N et al. Combining rapid diagnostic tests and dried blood spot assays for point-of-care
testing of human immunodeficiency virus, hepatitis B and hepatitis C infections in Burkina Faso, West Africa. Clin Microbiol
Infect. 2013 ; 19 (12) : E533-41. doi : 10.1111/1469-0691.12292.


Quelles priorités pour traiter les patients atteints d'hépatite C en Egypte ? : gérer les contraintes économiques

Dans les pays à ressources limitées, les contraintes économiques et logistiques peuvent ne pas permettre de traiter tous les patients. C’est le cas de l’Égypte qui fait face à une épidémie de VHC considérable. Faut-il établir des priorités ? En utilisant un modèle médicoéconomique, il est suggéré que traiter tôt dans l’évolution de la maladie les patients atteints d’hépatite C est ce qui s’avère le plus coût efficace. Mais si l’on doit faire des choix, le même modèle montre qu’il faut donner la priorité aux patients les plus sévèrement atteints (stade F4) et ne pas traiter ceux qui le sont le moins (stade F1).

Obach D, Deuffic-Burban S, Esmat G et al. Effectiveness and cost-effectiveness of immediate versus delayed treatment
of hepatitis C virus – Infected patients in a country with limited resources : The case of Egypt. Clin Infect Dis. 2014 ;
58 (8) : 1064-71. doi : 10.1093/cid/ciu066.

Infection par le VHC chez les consommateurs de drogues : émergence d'une épidémie ?

Au Sénégal
A. Lepretre, I. Ba, K. Lacombe, et al. Prevalence and behavioural risks for HIV and HCV infections in a population of drug users of Dakar, Senegal: the ANRS 12243 UDSEN study, J Int AIDS Soc, 2015, 18, 19888, ANRS 12243 UDSEN
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Au Vietnam
Proportion importante de patients avec fibrose avancée parmi les patients co-infectés par le VIH et le VHC au Vietnam 

Au Vietnam, le dépistage et le traitement de l’hépatite C chronique sont très limités. L’étude FIBRHIVIET ANRS 12262, menée à Haiphong, a permis de montrer que, parmi les patients co-infectés VHC-VIH recevant un traitement antirétroviral, plus de 40% présentait une fibrose hépatique, dont la moitié une fibrose sévère ou une cirrhose. La consommation excessive d’alcool était associée au développement des fibroses sévères et cirrhoses. L’accès au traitement de l’hépatite C chronique est urgent pour une proportion importante de patients co-infectés VIH-VHC, ainsi que des actions de prévention de la consommation d’alcool. 

T. Nguyen Truong, D. Laureillard, K. Lacombe, et al. High Proportion of HIV-HCV Coinfected Patients with Advanced Liver Fibrosis Requiring Hepatitis C Treatment in Haiphong, Northern Vietnam (ANRS 12262), PLoS One, 2016, 11, e0153744,