Notre histoire

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Faire face à l’épidémie
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En 1981 un syndrome alors encore inconnu fait son apparition aux Etats-Unis. Identifié en premier lieu chez des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, ce syndrome est également observé par la suite chez des hémophiles transfusés, des usagers de drogues et des haïtiens. La transmission se fait par voies sexuelle et sanguine. La maladie est désignée sous le terme de Sida pour Syndrome d’immunodéficience acquise.

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Luc Montagnier, Françoise Barré-Sinoussi, Jean-Claude ChermanEn 1983, le virus à l’origine de cette épidémie, le VIH, est identifié par l’équipe du Professeur Luc Montagnier composée des Professeurs Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Cherman de l’Institut Pasteur de Paris.

 

En 1986, l’épidémie ne cesse de prendre de l’ampleur et devient une grande cause nationale en France. Sur le territoire, la recherche sur le sida est menée par quelques équipes isolées et une organisation et un développement de cette recherche peinent à se mettre en place. Sous l’impulsion de l’Inserm et de son directeur, le Pr Philippe Lazar, du CNRS et du ministère de la Recherche, le Programme national de recherche sur le sida (PNRS) voit le jour en 1987 et est placé sous la direction du Pr Jean-Paul Lévy. Celui-ci est médecin et professeur d’hématologie et d’immunologie, directeur de l’unité de recherche Immunologie et Virologie des Cancers de l’Inserm. L’objectif de ce programme est de recenser, de soutenir et de financer les recherches sur le sida en France.

 

En 1988, un audit, réalisé par le Pr Claude Got, est demandé par le ministre de la Santé, Claude Evin, afin de faire un point sur la lutte contre le sida en France, et de conseiller les pouvoirs publics dans leur organisation face à l’épidémie. Trois entités voient ensuite le jour : l’Agence française de lutte contre le sida (AFLS), l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) et le Conseil national du sida (CNS). Ces trois structures ont respectivement pour mission la prise en charge des malades, la recherche et l’éthique.

 

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Les premières année de l’ANRS
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L’ANRS, l’agence française de recherche sur le sida est ainsi créée en 1988 par le ministère de la Recherche et de la technologie dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre le sida.

 

L’ANRS reçoit pour mission d’évaluer, stimuler, coordonner et financer les recherches sur le sida et les infections rétrovirales humaines, en collaboration avec toutes les institutions participant à la recherche biologique et médicale en France et tout particulièrement le CNRS, l’Inserm, l’Institut Pasteur, les Universités et les Hôpitaux.

 

Jean-Paul LévyL’agence est dirigée par le Professeur Jean-Paul Lévy de 1988 à 1998. Comme il l’a précisé dans la revue The Lancet ayant consacré un article aux 25 ans de l’ANRS en 2013, il souhaitait faire de l’ANRS plus qu’une agence qui finance la recherche mais surtout une agence qui initie des projets de recherche. Développer la recherche clinique en France, favoriser et soutenir des projets de recherche innovants telle est résumée la philosophie de l’ANRS à ses débuts. Pour ce faire, des actions coordonnées (AC) sont mises en place. Elles ont pour rôle d’animer et de stimuler la réflexion interdisciplinaire mais aussi de coordonner les équipes de recherche. « L’ANRS est le seul organisme en France, à l’époque, à soutenir massivement les essais thérapeutiques et des cohortes de patients qui recrutent des milliers de volontaires », explique le Professeur Jean Dormont, responsable des essais cliniques à l’ANRS durant ces années-là, et qui compte parmi les personnalités scientifiques sur lesquelles s’appuie l’ANRS dès l’origine.

 

L’autre particularité de l’agence est le lien privilégié, et toujours d’actualité, qui est établi avec les associations de patients et de lutte contre le sida. Elles sont, depuis le début, largement impliquées dans la vie scientifique et la définition des stratégies de l’ANRS.

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Priorité aux pays à ressources limitées
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Michel KazatchkineEn 1998, le Pr Michel Kazatchkine succède au Pr Jean-Paul Lévy à la direction de l’ANRS. Directeur jusqu’en 2005, il s’emploie à développer les recherches au bénéfice de et dans les pays à ressources limitées. « De cinq projets par an dans la décennie 88-98, nous sommes passés à 20 projets par an dans la période qui a suivi » résume Brigitte Bazin, responsable du service scientifique Recherches dans les pays à ressources limitées de 1998 à 2017. Un service scientifique est créé là où il n’y avait auparavant qu’une action coordonnée pour assurer à la fois l’animation et l’évaluation des projets de recherche développés au Sud. Les recherches soutenues par l’ANRS dans les pays à ressources limitées ont pour objectif d’étayer les politiques de santé publique nationales. Afin de développer un véritable partenariat tant politique que scientifique, l’ANRS a implanté des sites de recherche dans huit pays : Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Sénégal et Vietnam.

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Place aux hépatites virales
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Jean-François DelfraissyAu 1er janvier 1999, l’ANRS s’est vue confier l’animation et le financement des recherches cliniques, thérapeutiques et en santé publique sur l’hépatite C. En 2005, le Pr Jean-François Delfraissy est nommé directeur de l’agence. Le début de son mandat est marqué par le développement de la recherche sur les hépatites virales : l’agence est désormais en charge de l’ensemble des recherches sur les hépatites virales B et C puisqu’elle inclut désormais la recherche fondamentale. Les recherches sur les hépatites prennent de plus en plus d’ampleur avec plus de 25% du budget annuel de l’agence qui y est consacré contre 5% en 2005.

 

La participation de la société civile et des associations de patients au sein de l’ANRS est renforcée avec un nouvel objectif : développer la recherche communautaire. La recherche en prévention prend un nouvel élan ainsi que les partenariats avec les organisations internationales.

 

Depuis le 1er janvier 2012, l’ANRS est une agence autonome au sein de l’Inserm.

 

François DabisEn mars 2017, le Pr François Dabis est nommé directeur de l’ANRS. Il prend ainsi la suite du Pr Jean François Delfraissy à la tête de l’agence.