Négativité des tests rapides de diagnostic du VIH chez les patients traités depuis la primo-infection

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autotest de dépistage VIH
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Mis en ligne le 27 mars 2018

 

 

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L’implémentation des tests rapides (ou TROD, Test Rapide d’Orientation Diagnostique) et des autotests en France et à l’international est de plus en plus importante. Une étude menée par Constance Delaugerre et son équipe a évalué l’impact d’un traitement antirétroviral précoce sur la négativité de ces tests chez des personnes initiant un traitement dès la primo-infection. En effet, les TROD et autotests sont basés sur la détection des anticorps spécifiques des virus VIH-1 et 2. La suppression virale due à la prise d’un traitement antirétroviral peut induire une diminution d’antigène viraux circulants et par conséquent du taux de ces anticorps. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le Journal of Infectious Diseases le 2 mars 2018.

L’étude a été menée sur 44 patients issus de la cohorte ANRS PRIMO ayant été dépistés en stade de la primo-infection et ayant commencé le traitement antirétroviral immédiatement après le dépistage (médiane de 43 jours entre la date estimée de contamination et l’initiation de traitement). Ces patients étaient tous sous traitement depuis au moins 7 ans et présentaient tous une charge virale indétectable depuis au moins 6 ans.
Les chercheurs ont évalué un test standard ELISA 4eme génération (ARCHITECT® HIV Ag/Ab Combo) recommandé en France, deux tests TROD (VIKIA® HIV1/2 et INSTI® HIV-1/HIV-2) utilisés pour les accidents d’expositions et par les associations ainsi que l’autotest (Autotest VIH) vendu en pharmacie. Tous les patients se sont révélés positifs avec le dépistage par le test ELISA, bien que 16% l’ait été avec un index faible. 7% et 9% ont été testés négativement avec les tests TROD. Enfin, 30% des patients ont obtenu un résultat négatif avec l’autotest.
Ces résultats confirment que ces TROD/Autotest sont à utiliser uniquement dans le cadre de dépistage de l’infection par le VIH1/2 et non pas par les personnes sous traitement pour lesquelles l’infection a déjà, par le passé, été diagnostiquée et en particulier lorsque le patient a initié le traitement en phase de primo-infection.

Actuellement, les personnes les plus exposées au risque d’infection par le VIH se soumettent régulièrement au dépistage, en particulier dans les programmes de PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition). Ainsi, l’infection est dépistée précocement, parfois basé sur la détection de l’ARN viral uniquement avant même la production d’anticorps. Ces personnes sont ensuite mises immédiatement sous traitement en regard du bénéfice individuel que cela représente pour eux mais également du bénéfice collectif dans le but de casser la chaine de transmission de l’infection. Ainsi il est probable que de plus en plus de personnes infectées et sous traitement soient à l’avenir considérées « séronégatives » en cas de re-test. « Il est très important que les personnes infectés sous traitement ainsi que les professionnels impliquées dans le dépistage soient bien informés sur ce phénomène ! » conclut Constance Delaugerre.

 

Source :
Nonreactive Human Immunodeficiency Virus Type 1 Rapid Tests After Sustained Viral Suppression Following Antiretroviral Therapy Initiation During Primary Infection

Karl Stefic, Sophie Novelli, Nadia Mahjoub, Remonie Seng, Jean-Michel Molina, Christine Cheneau, Francis Barin, Marie-Laure Chaix, Laurence Meyer, Constance Delaugerre, French National Agency for Research on AIDS and Viral Hepatitis (ANRS) PRIMO Study Group