Traitement ARV enfants et adolescents en Afrique

08 décembre 2017
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Traitement ARV enfants et adolescents en Afrique
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Les traitements antirétroviraux permettant de contrôler le VIH ont transformé cette infection en une maladie chronique. Cependant, la prise à vie des traitements antirétroviraux pose de nouvelles interrogations. En effet, il leur est associé diverses complications dont des lipodystrophies. Les lipodystrophies sont des anomalies dans la répartition de la masse grasse corporelle, elles font partie des effets indésirables reconnus de certaines molécules utilisées dans les traitements antirétroviraux comme la stavudine (DT4) qui a été progressivement retiré des traitements ces dernières années en Afrique. Au Sénégal, suite aux recommandations de l’OMS cette molécule a été retirée des premières lignes de traitement très précocement, dès 2007-2008. D’autres molécules ont également été suspectées d’avoir de tels effets. C’est le cas de la zidovudine (AZT) et des premières générations d’inhibiteurs de protéases (IP), dont le lopinavir/ritonavir qui est très largement utilisés dans les traitements antirétroviraux en Afrique. C’est dans ce cadre que la cohorte ANRS MAGGSEN s’est intéressée à l’occurrence des lipodystrophies chez les enfants infectés par le VIH et sous traitement ARV au long cours (54 mois en médiane) au Sénégal. Les résultats de cette étude coordonnée par Cécile Cames (IRD, Inserm, université de Montpellier) sont présentés lors de la 19ème conférence de l’ICASA se tenant du 4 au 9 décembre 2017 à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Cette évaluation a inclus 254 enfants de 2 à 18 ans, sous traitement depuis au moins 6 mois et ne présentant pas de malnutrition sévère. Les traitements antirétroviraux de ces enfants comprenaient de l’AZT chez 76% d’entre eux et/ou des IP à base de lopinavir/ritonavir chez 27%. Enfin, 18% de ces enfants avaient dans le passé reçu un traitement comprenant du D4T.
Seuls des signes légers de lipodystrophie ont été détectés chez 33 enfants inclus dans la cohorte ANRS MAGGSEN avec un risque accru pour les enfants qui avaient été exposés au D4T durant plus d’un an lors de précédents traitements. Ces résultats sont très rassurants pour les cliniciens dans ces pays du sud où l’AZT et le lopinavir/ritonavir sont des molécules très prescrites.

Source :
Faible prévalence de lipodystrophies chez les enfants et adolescents sénégalais infectés par le VIH sous traitement antirétroviral au long cours : La cohorte Maggsen ANRS 12279.

Cames Cecile1, Ba Aissatou2, Pascal Lea1, Mbodj Helene2, Ouattara Baly3, Diallo Ndeye Fatou2, Msellati Philippe1, Mbaye Ngagne3, Blanche Stéphane4, Sy Signate Haby2, Diack Aminata2
1Institut de Recherche pour le Développement, UMI233 / INSERM U1175 / Université de Montpellier, Montpellier, France, 2Centre Hospitalier National d'Enfants Albert Royer, Dakar, Senegal, 3Hôpital Roi Baudouin, Guediawaye, Senegal, 4Hôpital Necker Enfants Malades, Paris, France