Le premier projet vise à évaluer in vitro l'immunogénicité des lipopeptides seuls ou associés à des virus recombinants avec de nouveaux outils immunologiques et virologiques. Ces derniers permettront d'étudier l'effet des candidats vaccins développés par l'agence sur la maturation des différentes populations de cellules dendritiques, la présentation de l'antigène, la production de cytokines et l'induction de réponses T CD4 et CD8.
Le second projet a pour objectif d'identifier de nouveaux corrélats immunologiques innés d'immunité protectrice, en étudiant les interactions entre les cellules NK et les cellules dendritiques, interactions qui jouent un rôle déterminant dans la réponse immunitaire naturelle à l'infection par le VIH. Ces travaux visent notamment à caractériser les paramètres de l'activation des cellules NK par des cellules dendritiques chargées avec les antigènes contenus dans les vaccins lipopeptides développés par l'ANRS et, ainsi, à identifier les antigènes susceptibles d'améliorer la réponse spécifique en cellules T.
Le troisième projet porte sur le développement d'une approche vaccinale reposant sur le ciblage des épitopes du VIH sur les cellules dendritiques. Ces travaux sont engagés à partir de la mise au point d'une série d'anticorps monoclonaux humains spécifiques de molécules de surface des cellules dendritiques. Ces anticorps monoclonaux, qui peuvent être couplés à des antigènes, sont capables d'activer différentes populations de cellules dendritiques et donc de moduler la réponse immunitaire spécifique. Cette nouvelle approche consistera ainsi à utiliser les épitopes présents dans les candidats vaccins de l'ANRS qui pourront, sans être associés à des lipides ou à des virus comme c'est le cas jusqu'à présent, être possiblement adressés directement aux cellules dendritiques afin de moduler le type et la qualité de la réponse immunitaire.
Le quatrième projet consiste à apporter la preuve de l'efficacité des concepts de vaccination développés par l'agence, concepts basés ur l'utilisation d'épitopes du VIH, couplés à des lipides (lipopeptides) ou à des résidus protéiques (anticorps), qui favorisent l'activation des cellules dendritiques.
Dans le cadre de son nouveau programme de recherche vaccinale, l'ANRS a initié en 2006 des collaborations avec de nouveaux partenaires : il s'agit de la Fondation européenne EuroVacc, qui développe des candidats-vaccin, et du Baylor Institute aux Etats-Unis où ont été mis au point des anticorps ciblant les récepteurs des cellules dendritiques. Par ailleurs, l'ANRS participe aux initiatives internationales contribuant au développement d'un vaccin préventif de l'infection par le VIH, comme la Global HIV Vaccine Enterprise. L'agence est également représentée dans des instances de l'Organisation mondiale de la santé (HIV Vaccine Advisory Board) et s'implique auprès de la Fondation Bill et Melinda Gates dans le cadre du programme Vaccine Consortium Discovery.
Le programme de recherche de l'ANRS repose sur la collaboration d'équipes de l'Inserm, l'Institut Pasteur, le Commisariat à l'énergie atomique et les hôpitaux, en particulier ceux qui sont membres du réseau vaccinal préventif de l'ANRS, l'hôpital Cochin (Centre d'investigation clinique Pasteur-Cochin) et l'hôpital Tenon à Paris, l'hôpital Henri-Mondor à Créteil, l'hôpital de l'Hôtel Dieu à Nantes, l'hôpital Sainte-Marguerite à Marseille et l'hôpital Purpan à Toulouse. Il se déroule aussi grâce à l'engagement d'hommes et de femmes qui acceptent de s'engager dans un essai vaccinal au sein du réseau "Volontaires pour un vaccin".