Vivre avec le VIH : une nouvelle enquête ANRS-Vespa

le 26/04/2011

Avec le soutien de l'ANRS, des chercheurs de l'Inserm réalisent dans toute la France une nouvelle enquête auprès des personnes vivant avec le VIH, l'enquête ANRS-Vespa2. Cette enquête commence dans les hôpitaux métropolitains en avril 2011 et va durer six mois.
Interrogé par Yves Fradier d'Ipsos en charge du recueil de données, Bruno Spire, membre de l'équipe de recherche, présente les grandes lignes de cette étude et son déroulement. http://www.ipsos.fr/ipsos-observer/actualites/ANRS-lance-VESPA2-enquete-nationale-aupres-des-personnes-atteintes-du-VIH

L’enquête ANRS-VESPA a permis, pour la première fois en 2003, de dresser un tableau détaillé des conditions de vie des personnes vivant avec le VIH en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-Mer. Outre les nombreux articles publiés dans les journaux scientifiques, ces résultats ont nourri les recommandations d’experts dans le domaine de la prise en charge sociale des personnes vivant avec le VIH et ont largement contribué à l’information des professionnels, des associations et des institutions.

Dans les dernières années, de nouvelles articulations ont été proposées entre la prévention, le dépistage et le traitement qui retentissent sur la vie des personnes vivant avec le VIH. En outre, avec le temps et l’efficacité à long terme du traitement, le vieillissement dans ses composantes biophysiologiques et sociales pose des questions jusque là inédites. Par ailleurs, la place des personnes vivant avec le VIH reste marquée par de multiples formes de discrimination qui entravent l’accomplissement de leur projet de vie. De nouvelles questions de recherche se posent. Parallèlement, il est nécessaire, pour évaluer l’impact des stratégies de santé publique de suivre les indicateurs de santé et les indicateurs sociaux sur l’emploi, le logement, le revenu, les comportements sexuels et préventifs ou l’accès aux soins.

C’est pourquoi, avec l’ANRS, l’équipe de recherche déjà engagée dans le projet de 2003, a décidé de réaliser en 2010/2011 une nouvelle enquête transversale nationale sur les conditions de vie des personnes atteintes par le VIH, ANRS-Vespa2.

Les objectifs de ANRS-Vespa2

Avec sept ans d’écart marqués par des changements importants dans les traitements antirétroviraux, les objectifs principaux de ANRS-Vespa2 en 2010 sont de :

  • Comparer avec les valeurs de 2003, les indicateurs médicaux, sociaux et comportementaux au sein d’un échantillon représentatif de la population des personnes suivies pour leur infection VIH.
  • Appréhender les difficultés sociales et relationnelles dans la période qui suit le diagnostic et traduisent la rupture biographique que reste l’annonce du diagnostic.
  • Mesurer la fréquence des comorbidités qui apparaissent avec l’avancée en âge, les modalités et la qualité de leur prise en charge ainsi que le retentissement sur la santé, la situation sociale et la qualité de vie. Une attention particulière sera portée à la caractérisation de la santé mentale en utilisant des échelles standardisées détaillées distinguant les troubles et leur gravité.
  • Apporter un éclairage sur la situation des malades immigrés qui cumulent l’insécurité de leur statut administratif, les discriminations à la difficulté intrinsèque de l’immigration et le retentissement de celles-ci sur leur santé.
  • Caractériser la pauvreté et les situations extrêmes (insécurité alimentaire, absence de logement, renoncement ou report des soins médicaux) vécues par une fraction élevée des personnes séropositives comme le suggèrent les données de 2003.
  • Décrire les modes de vie, les comportements et les pratiques sexuelles des personnes séropositives au moment où se discutent les effets préventifs du traitement et leurs effets possibles. Une approche très détaillée est utilisée pour explorer les pratiques sexuelles des homosexuels masculins séropositifs, les stratégies de prévention utilisées et contribuer ainsi à la compréhension du haut niveau d’incidence observé dans la population des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.
  • Rendre compte de l’expérience de la stigmatisation et identifier les formes et la fréquence des discriminations de la part de l’entourage, dans les services de santé, les administrations, au travail ou dans les lieux de loisir et permettre une comparaison avec les phénomènes de discrimination au sein de la population française.
L'enquête ANRS-Vespa2 sur le terrain

L’enquête ANRS-Vespa2 couvre toute l’hexagone et les quatre départements d’Outre-mer et Saint-Martin.

Elle porte sur un échantillon tiré au sort de 68 hôpitaux dans l’hexagone et huit dans les départements d’outre mer. Elle s’appuie sur les chefs de service et les médecins qui dans les services spécialisés de ces hôpitaux suivent les patients atteints d’infection VIH. Au total, 3 000 patients seront inclus dans l’hexagone et près de 600 dans les départements d’Outre-mer.

Les patients sont invités à participer le jour de leur venue en consultation ou en hôpital de jour en respectant un ordre aléatoire de façon à représenter les personnes vivant avec le VIH dans toute leur diversité. Le consentement est recueilli par le médecin qui suit habituellement chaque personne.

Un enquêteur pose un questionnaire aux personnes qui acceptent l’étude. Aux Antilles et en Guyane, le créole ou les autres langues locales sont utilisées. Les participants remplissent à leur tour un auto-questionnaire. Le médecin extrait du dossier médical un petit ensemble d’informations pour caractériser l’histoire de la maladie et la santé actuelle de la personne.

Consultez

> Quelques résultats de l'enquête ANRS-Vespa1 (2003)
> Brochure de présentation de l'enquête ANRS-Vespa2