AFRAVIH 2016 - Migrants d’origine subsaharienne en France : quel parcours de vie ? De santé ?

le 21/04/2016

Durant la 8ème Conférence de l’AFRAVIH qui se tient du 20 au 23 avril à Bruxelles, la question des migrants sera mises en avant avec les présentations des résultats de l’étude ANRS PARCOURS et la tenue le jeudi 21 avril de 17h15 à 19h30 du symposium satellite de l’ANRS intitulé "Migrants d'Afrique subsaharienne et politiques migratoires en Europe: quel impact pour le VIH et les hépatites".

Les données de l’étude ANRS PARCOURS sur l’infection par le VIH et sur la précarité paraissent également dans les revues La Recherche et Population & Sociétés.

La Recherche : « Quand les migrants contractent le sida en France »

En partenariat avec l’ANRS, la revue La Recherche publie dans son prochain numéro un article consacré aux résultats de l’étude ANRS PARCOURS. Ecrit par Annabel Desgrées du Loû (CEPED, UMR IRD-Université Paris Descartes, Paris, France), cet article rappelle qu’entre 35 % et 49 % des migrants d’Afrique subsaharienne séropositifs pour le VIH et résidant en Ile-de-France ont été infectés après leur arrivée en France.

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Population et Sociétés : « Migrants subsahariens : combien de temps faut-il pour s’installer en France ? »

Un autre volet de l’étude ANRS PARCOURS fait également l’objet d’une publication dans le numéro de mai 2016 de la revue Population et Sociétés. Ils montrent dans cette publication la complexité pour les migrants subsahariens de s’installer en France. Ils doivent faire face à une grande période de précarité, qui peut durer jusqu’à six à sept ans, et durant laquelle ils n’ont ni titre de séjour, ni logement, ni travail.

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Ces résultats sur la précarité seront également présentés par Anne Gosselin (CEPED, Paris) lors du Symposium de l’ANRS le jeudi 21 avril de 17h15 à 19h30.

Symposium satellite de l’ANRS à l’AFRAVIH : Migrants d'Afrique subsaharienne et politiques migratoires en Europe : quel impact pour le VIH et les hépatites ?

Le symposium satellite de l’ANRS se tiendra le jeudi 21 avril de 17h15 à 19h30. A travers les données de l’étude ANRS PARCOURS, ce symposium sera l’occasion d’ouvrir le débat sur les politiques migratoires actuelles et leur impact sur les infections du VIH et des hépatites virales pour les migrants d'Afrique sub-saharienne. Comment la science peut-elle aider à orienter les politiques nationales ? Quelles mesures privilégier pour que ces populations ne soient pas exclues des progrès attendus ? Une table ronde réunissant Nathalie Bajos (Défenseur des Droits, Paris), Eve Plenel [Arcat-Le Kiosque (Groupe SOS), Paris], André Sasse (Institut Sicentifique de la Santé Publique, Bruxelles) et Daouda Diouf (association ENDA Santé, Dakar) permettra le dialogue sur ces questions.

PARCOURS à l’AFRAVIH

Stigmatisation et troubles mentaux communs chez les personnes nées en Afrique sub-Saharienne vivant avec le VIH et l’Hépatite B en France : résultats de l’étude ANRS-PARCOURS

Sur les 2468 migrants sub-sahariens de l’étude ANRS PARCOURS, les chercheurs constatent une forte prévalence des troubles dépressifs et anxieux chez les hommes et les femmes comparativement à la population générale (1.5%). Chez les femmes, elle est de 14.9% lorsqu’elles sont infectées par le VIH, de 10.4% lorsqu’elles sont infectées par le VHB et 11% lorsqu’elles ne sont pas infectées. Chez les hommes, cette prévalence est respectivement de 9% (groupe VIH), 6.5% (groupe VHB) et 4.5% (groupe référence). Ces troubles sont augmentés lorsque les proches s’éloignent suite à l’annonce de la maladie.

Julie Pannetier*1, France Lert2, Nathalie Bajos2, Nathalie Lydié3, Rosemary Dray-Spira4, Annabel Desgrées du Loû1

1UMR CEPED, Paris, 2Inserm, Villejuif, 3INPES, Saint-Denis, 4Inserm, Paris, France

Migration et VIH : une double peine ? Impacts de la migration et du diagnostic sur les conditions de vie des femmes migrantes d’Afrique sub-saharienne en France

La migration a un lourd impact sur les conditions de vie des femmes migrantes d’Afrique sub-saharienne en France : perte d’activité, augmentation du mal-être, difficulté pour accéder à un logement stable, avoir un titre de séjour. Ce risque de perte d’activité et de mal-être serait par ailleurs réduit lors du diagnostic du VIH après l’arrivée en France, grâce à la prise en charge sociale et médicale des personnes. L’accès au logement ne semble pas être influencé par ce diagnostic mais semble rendre plus difficile l’acquisition d’un titre de séjour de longue durée où à la nationalité française. L’étude ANRS PARCOURS montre ainsi le poids de la migration sur la vie des migrantes sub-sahariennes.

Anne Gosselin*1, Andrainolo Ravalihasy1, Eva Lelièvre2, Nathalie Lydié3, France Lert4, Rosemary Dray-Spira5, Annabel Desgrées du Loû1

1CEPED UMR Institut de Recherche pour le Développement (IRD) - Université Paris Descartes, 2Institut National d'Etudes Démographiques (INED), Paris, 3Institut national de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES), Saint-Denis, 4Institut National de la Santé et de la Recherche Médiclae (Inserm), CESP-U 1018, Villejuif, 5Institut Pierre Louis d'Epidémiologie et de Santé Publique (IPLESP UMRS 1136), Paris, France

La précarité augmente le risque d’infection VIH en France chez les migrants subsahariens. Résultats de l’étude ANRS-PARCOURS 2012-2013

Pour les migrants subsahariens, la précarité augmente les partenariats sexuels à risque et ainsi le risque d’infection par le VIH. En effet, l’étude ANRS PARCOURS montre que l’absence de titre de séjour ou de logement stable augmente le risque de partenariats occasionnels et transactionnels. La fréquence des partenariats sexuels occasionnels ou concomitants est d’ailleurs plus élevée chez les personnes ayant été infectées par le VIH en France : 77% des hommes infectés pour le VIH en France ont eu des rapports occasionnels (contre 54% pour les migrants non infectés par le VIH ou le VHB) et 52% chez les femmes. 9% des femmes infectées par le VIH ont également eu des rapports transactionnels (2% lorsqu’elles ne sont pas infectées par le VIH ni le VHB).

Annabel Desgrées du Loû*1, Julie Pannetier1, Andrainolo Ravalihasy1, Anne Gosselin1, Mireille Le Guen1, Henri Panjo2, Nathalie Bajos2, Nathalie Lydié3, France Lert2, Rosemary Dray-Spira4

1CEPED, IRD, 2CESP, Inserm, 3INPES, 4IPLESP, Inserm, Paris, France

Accès et maintien d'une couverture maladie parmi les personnes migrantes originaires d’Afrique subsaharienne vivant en Ile-de-France: résultats de l'enquête ANRS PARCOURS

L’obtention d’une couverture maladie est une étape préalable importante pour permettre l’accès aux soins en France. Elle est théoriquement possible pour le plus grand nombre en France notamment depuis la mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle (CMU) en 1999 et de l’Aide Médicale d’Etat (AME) en 2000 qui sont venues compléter la Sécurité Sociale (SS) existant depuis 1945. Cependant l’absence de couverture maladie est un des premiers motifs de renoncement aux soins en France (1). Parmi les personnes malades, on peut craindre qu’elle puisse également entrainer un retard au diagnostic et à l’entrée en soins (2). L’enquête ANRS PARCOURS (www.parcours-sante-migration.com) a permis de mesurer l’accès et le maintien d’une première couverture maladie dans trois groupes de personnes originaires d’Afrique subsaharienne vivant en Ile-de-France : un groupe suivi pour le VIH (PVVIH), un groupe suivi pour une hépatite B chronique (PVHBC), et un groupe de personnes n’ayant aucune de ces maladies, recruté en consultation de médecine générale (PMG). Ces résultats ont été présentés à l’occasion de la 8ème conférence AFRAVIH 2016 (3).

Lire le document Actualité en santé publique - mai 2016

Description des modes de consommation d’alcool et facteurs associés chez les migrants d’origine subsaharienne suivis pour une hépatite B dans l’étude ANRS PARCOURS

La consommation d’alcool est bien présente chez les hommes et les femmes migrants d’Afrique sub-saharienne suivis pour une hépatite B chronique: elle concerne 26% des femmes et 22% des hommes. Cette consommation est considérée comme étant à risque chez 7% des femmes et 9% des hommes. Les causes sont différentes suivant le sexe. Pour les femmes, cette consommation est liée aux raisons ayant motivé le départ : elle est plus forte chez les femmes venues pour la recherche d’un emploi [OR=22.76], la fuite de leur pays [OR=22.9] ou pour raisons médicales [OR=39.55] que pour rejoindre leur famille. Chez les hommes, cette consommation est influencée par la situation dans le pays d’accueil : elle sera moindre s’ils vivent en foyer ou s’ils ont un niveau d’éducation peu élevé.

Andrainolo Ravalihasy*1, Julie Pannetier1, Annabel Desgrées du Loû1, France Lert2, Rosemary Dray-Spira3, Nathalie Lydié4, Nathalie Bajos2

1UMR CEPED - IRD - Université Paris Descartes, Paris, 2Inserm, Villejuif, 3Inserm, Paris, 4INPES, Saint-Denis, France

VIH, hépatite B et avortement chez les migrantes d’Afrique sub-saharienne vivant en Ile-de-France : l’étude ANRS PARCOURS

Chez les femmes migrantes d’Afrique sub-saharienne, les interruptions volontaires de grossesse sont liées aux projets de vie personnes ou professionnelles. La probabilité qu’une grossesse se termine par une IVG augmente chez les femmes instruites, chez celles qui ont migré pour faire des études en France ou chercher du travail ou si la grossesse n’était pas souhaitée. Les IVG diminuent chez les femmes âgées de 35 ans ou plus. Les associations entre IVG et infection par une hépatite B ou le VIH ne sont quant à elles pas significatives.

Flavia Bulegon Pilecco*1, Agnès Guillaume2, Andrainolo Ravalihasy1, France Lert3, Nathalie Bajos3, Nathalie Lydié4, Rosemary Dray-Spira5, Annabel Desgrées du Loû2

1CEPED, 2CEPED, IRD, 3CESP, Inserm, 4INPES, 5IPLESP, Inserm, Paris, France

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