Présentation générale

La recherche fondamentale sur le VIH

  • FAIRE AVANCER LES CONNAISSANCES SUR LE VIRUS ET SES RELATIONS AVEC SON HÔTE
  • TROUVER DE NOUVELLES CIBLES POUR LES TRAITEMENTS
  • FACILITER L’ÉMERGENCE DE PROJETS DE RECHERCHE INNOVANTS
  • FAVORISER LA FORMATION DE RÉSEAUX MULTIDISCIPLINAIRES
  • CONSTRUIRE LES OUTILS TECHNOLOGIQUES POUR RÉPONDRE AUX GRANDS DÉFIS
 

La recherche fondamentale contribue à une meilleure connaissance du virus VIH, de la pathologie sida et des stratégies visant à enrayer l’infection. Les disciplines concernées sont : l'immunologie, la virologie, la biologie moléculaire, la biologie cellulaire, la biochimie, la biologie structurale, la chimie structurale, la génétique moléculaire et la génomique des populations.

La recherche fondamentale vise à comprendre :

  1. Les mécanismes moléculaires en jeu dans les différentes étapes du cycle du VIH, les réponses de l'hôte à l'infection, et la compréhension de la pathogénie virale
  2. Les réponses immunologiques innées et acquises contre le VIH, en particulier les événements de la phase précoce de l’infection, au moment de l’inflammation qui joue un rôle déterminant dans la progression de la maladie
  3. La défaillance du système immunitaire associée à l’infection et la maladie et la progression différentielle de la maladie diffère selon les individus
  4. La formation des réservoirs viraux, cellules de l’organisme dans lesquelles le VIH se trouve à l'abri des réponses immunologiques de l'hôte et des traitements pharmacologiques

Ces recherches contribuent à définir de nouvelles cibles et stratégies thérapeutiques et prophylactiques. L'étude des mécanismes impliqués dans la réponse immunitaire contre le virus est un des éléments-clé de la recherche d'un vaccin contre le VIH.

L'ANRS encourage le décloisonnement des disciplines par la constitution de groupes de travail transversaux, en particulier avec les cliniciens. De plus en plus de projets promus par l’Anrs témoignent du lien ténu qui existe entre la recherche fondamentale, la recherche chez les primates non humains et la recherche clinique.

L'attribution du prix Nobel de Médicine à Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier pour la découverte du virus du sida en 1983, et les découvertes qui en ont découlées montre le rôle essentiel de la recherche fondamentale dans une pathologie.

Les grands défis à relever

Premier défi scientifique : développer un vaccin qui soit capable de protéger les individus contre le VIH. Les chercheurs étudient in vitro et dans le modèle primate, les mécanismes de présentation de l’antigène pour induire une réponse immunitaire efficace au niveau des muqueuses. Les chercheurs essaient d’identifier les corrélats immunologiques de protection chez des individus infectés par le VIH qui contrôlent l'infection et chez les rares personnes qui sont exposées au virus sans être infectées. Cette recherche est importante dans la mise au point d’un vaccin.

Un second grand défi scientifique concerne la persistance, chez les personnes infectées par le VIH, des «réservoirs viraux», constitués par des cellules hébergeant le génome viral et inaccessibles aux traitements actuels. Les chercheurs tentent de comprendre les mécanismes d’établissement et de contrôle de ces réservoirs, ainsi que leur localisation. Le but est d’aider à concevoir de nouvelles stratégies thérapeutiques qui puissent atteindre ces réservoirs.

L'apport des cohortes de patients

Les cohortes de patients constituées depuis de nombreuses années par l’Anrs représentent un outil précieux pour la recherche fondamentale.

En voici deux exemples :

  • La cohorte Codex, constituée par :

1) des individus dits « contrôleurs du VIH », sont des individus infectés par le virus, dont l’organisme contrôle spontanément la réplication du virus sans aucun traitement. Ils conservent ainsi une virémie indétectable pendant plus de dix ans.

2) des personnes asymptomatiques à long terme (ALT) de la cohorte ALT. Ces patients se caractérisent par le maintien des CD4 en absence de traitement.

Ces sujets représentent un modèle unique pour comprendre les mécanismes impliqués dans le contrôle génétique, cellulaire et immunologique de l’infection.

  • La cohorte VIH-2, qui comprend plus de 900 sujets : l’étude de ces personnes va permettre de décrire les caractéristiques épidémiologiques et cliniques des patients infectés par ce virus, mais également d’étudier la progression de leur infection dans les différents stades de la maladie et les facteurs pronostiques de cette évolution. Cette cohorte permettra de comprendre le rôle de certains facteurs de restriction dans le contrôle de la maladie. Elle fournit une banque de donnée clinico-biologiques permettant la réalisation de projets cliniques, virologiques et immunologiques sur l’infection par le VIH-2.

Réalisations majeures et faits marquants

  • Découverte de SDF (stromal-derived-factor-1), le ligand de CXCR4, corécepteur du VIH (Arenzana-Seisdedos et al. Nature 1996)
  • Caractérisation de la réponse immunologique anti-VIH chez les individus contrôleurs de la virémie de façon spontanée pendant plus de 10 ans (aez-Cirion et al. PNAS 2007)
  • Structure, mode d'action et co-facteurs de l'intégrase (Ruff, Mouscadet, Emiliani, EMBO 2009)
  • Restauration immunitaire et HAART (Autran et al. Science 1997, Gorochov et al. nature Medicine 1998). De l'immunité T anti-VIH à l'immuno-senescence (Appay et al. Nature Medicine 2001 et 2008).
  • Rôle de l'inflammation dans la maladie au trvers de la comparaison des modèles primates pathogènes et non-pathogènes (Muller-Trutwin : Ploquin et al. Retrovirology 2006, Jacquelin et al. J Clin Invest 2009)
  • Découverte d'un nouveau facteur de restriction SAMHD1, qui bloque la réplication du VIH-1 dans les cellules myéloïdes (Benkirane et al. Nature 2011)

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