CROI 2016 : Un traitement antirétroviral précoce diminue la charge virale séminale

le 25/02/2016

L’essai ANRS 147 OPTIPRIM est un essai randomisé multicentrique, évaluant chez des patients en primo-infection VIH-1 l’impact sur les réservoirs d’un traitement antirétroviral. Dans une sous-étude, les chercheurs se sont intéressés pour la première fois au réservoir viral VIH dans le sperme chez des patients en primo-infection.

21 patients ont été inclus dans cette sous-étude. Des prélèvements de sang et de liquide séminal ont été effectués à l’inclusion et à 24 mois afin de mesurer, d’une part, l’ARN–VIH dans le sperme et dans le sang (pour mesurer la charge virale dans ces deux compartiments) et, d’autre part, l’ADN-VIH dans le sperme et dans le sang, qui renseigne sur la taille du réservoir viral. Des mesures d’IP-10 et d’IL-6, marqueurs d’activation immunitaire et d’inflammation du VIH, ont également été faites.

Grâce à ces données, les chercheurs montrent tout d’abord pour la première fois que le réservoir viral s’établit de façon asynchrone dans le sperme et dans le sang. En effet, les chercheurs constatent que le nombre de cellules réservoirs du sang diminue après la phase aigüe de la primo-infection, très probablement grâce à la réponse immunitaire, alors qu’au contraire ce nombre augmente dans le sperme après la phase aiguë.

Par ailleurs, après deux ans d’un traitement antirétroviral pris très précocement en primo-infection, les chercheurs constatent une diminution importante de la quantité d’ARN-VIH dans le sang et le sperme, toutes deux inférieures au seuil de détection. Les mêmes observations sont faites pour les quantités d’ADN viral. La quantité d’IP-10 dans le plasma a également diminué, ce qui montre une diminution de l’inflammation, contrairement à l’IL-6 qui reste inchangé.

Cette étude met donc également en évidence pour la première fois qu’un traitement antirétroviral prescrit de façon précoce en primo-infection permet de purger le réservoir VIH dans le sperme en diminuant massivement le nombre de cellules infectées dans ce compartiment. Ces résultats renforcent l’idée qu’un traitement antirétroviral prescrit le plus tôt possible apporte un bénéfice individuel en diminuant le taux de virus et l’inflammation, et un bénéfice pour les partenaires en limitant le risque de transmission du virus.

Impact of cART & Systemic inflammation on Semen HIV-1 Reservoir in Primary Infection

Antoine Chéret1; Julia Heitzmann2; Adeline Mélard3; Christine Durier2; Ludivine David3; Michaella Muller-Trutwin4; Jean-Marie Chennebault5; Camille Lécuroux6; Christine Rouzioux3; Laurence Meyer7; for the ANRS 147 OPTIPRIM Team
1Le Kremlin-Bicêtre Hosp, AP-HP, Le Kremlin-Bicêtre, France;2INSERM SC10-US19, Villejuif, France;3Hosp Necker Enfants Malades, Paris, France;4Inst Pasteur, Paris, France;5Angers Hosp, Angers, France;6INSERM U802, Le Kremlin-Bicêtre, France;7INSERM, CESP U1018, Le Kremlin-Bicêtre, France

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