Lors de la réplication du virus du Sida, plusieurs facteurs cellulaires importants doivent se fixer à une séquence d’ARN régulatrice du génome du VIH nommée TAR. La recherche de ligands ayant une forte affinité pour cette séquence constitue un important champ d’investigation dans la lutte contre le sida. Le docteur Hélène Van Melckebeke, chercheuse postdoctorale financée par l’ANRS, a déterminé la structure haute résolution d’un complexe formé par la séquence régulatrice TAR du VIH et son ligand d’ARN de plus forte affinité. Ces travaux ont été menés à l’Institut de Biologie Structurale Jean-Pierre Ebel (IBS, institut mixte CEA-CNRS-Université Joseph Fourier - Grenoble) en collaboration avec les équipes de l’Institut Européen de Chimie et Biologie (CNRS-INSERM-Université Victor Segalen - Bordeaux) et de l’université d’Ottawa. Ces résultats, qui ont été publiés le 8 juillet dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, ont permis d’identifier, au niveau atomique, les interactions clés à l’origine de la reconnaissance spécifique de cet aptamère d’ARN pour sa cible virale. Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour l’élaboration de drogues dirigées contre des séquences d’ARN viraux et la conception de nouveaux outils biochimiques ciblant les boucles d’ARN impliquées dans des fonctions cellulaire importantes.