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IAS 2017 J-41

le 12/06/2017

3 questions à… Pr Jean-François Delfraissy

Co-président de la conférence IAS 2017 et Conseiller spécial du directeur de l’ANRS

Copyright : Inserm/Etienne Begouen

Qu’attendez-vous de la conférence IAS 2017 qui se tient à Paris du 23 au 26 juillet prochain ?

J’attends d’abord qu’elle soit un succès scientifique sur les grandes questions actuelles de la lutte contre le VIH/sida. La première porte sur le « cure », c’est-à-dire la capacité à éradiquer ou à contrôler le virus. Cela concerne des travaux très fondamentaux, comme la régulation de l’expression du VIH. Il s’agit aussi de toutes les nouvelles approches thérapeutiques, telles que les immunothérapies. La seconde grande question est celle de la prévention et du traitement très précoce, afin de diminuer l’incidence des nouvelles contaminations. Nous avons montré que la prophylaxie pré-exposition fonctionne. Il faut maintenant l’améliorer, au Nord comme au Sud. Il faut également simplifier davantage les traitements. Enfin, la troisième question majeure est le vaccin. Sur le plan fondamental, des progrès importants sont en cours, notamment sur le rôle des anticorps neutralisants. Il faut poursuivre les investissements en cours pour espérer aboutir. Sur toutes ces questions, le mot d’ordre de la conférence sera d’apporter la démonstration que nous pouvons gagner la lutte contre le VIH/sida et qu’il faut continuer de donner à la communauté scientifique les moyens dont elle a besoin pour cela, pour « finir le job ! »

En quoi cette conférence est importante pour la recherche française sur le VIH/sida ?

Pendant une semaine, Paris va être la capitale de la lutte contre l’épidémie. C’est l’occasion de donner une visibilité non seulement à l’Anrs, mais aussi à tous les organismes de recherche de très haut niveau dont nous disposons en France. Notre puissance de frappe en termes de recherche est vraiment très importante. La conférence va permettre de montrer que la recherche française est bien au rendez-vous de tous les enjeux autour du VIH/sida.

La tenue de cette conférence à Paris est-elle l’occasion de réaffirmer l’engagement de la France face à l’épidémie ?

C’est une très belle opportunité car nous sommes face à des changements importants. Je pense à l’arrivée du Président Trump et aux menaces sur le financement de la recherche aux Etats-Unis, au Brexit, à la nomination d’un nouveau directeur à l’OMS, et bien sûr à l’élection du Président Emmanuel Macron. Nous sommes en situation de permettre à la France d’exercer un leadership puissant sur le VIH/sida et les maladies émergentes. Nous devons inscrire la lutte contre ces maladies dans une vision de diplomatie sanitaire à l’échelle mondiale. C’est un enjeu majeur des prochaines années. La conférence sera l’opportunité pour les politiques de s’emparer de cet engagement au plus haut niveau.