Les recherches en santé publique engagées ou soutenues par l'ANRS sur les hépatites virales visent à mieux connaître les circonstances de survenue de ces infections et à oeuvrer en faveur de politiques de prévention plus efficaces. Parmi les travaux soutenus par l'ANRS, les facteurs de risque de la transmission du virus de l'hépatite C (VHC) ont abouti à des résultats importants.
Une étude de cohorte a ainsi été réalisée dans le nord-est de la France auprès d'usagers de drogues par voie intraveineuse séronégatifs pour le VHC. Elle montre une incidence de neuf contaminations par personne/année dans cette population. Les principaux facteurs de risque identifiés sont le partage de seringue mais également le partage du coton utilisé pour les injections.
Une seconde étude a concerné le risque de transmission pour le personnel soignant lors d'un accident d'exposition au sang. Cette étude, réalisée dans plusieurs pays européens, met en évidence deux principaux facteurs de risque : le fait d'utiliser une aiguille creuse au moment de l'accident et une charge virale élevée chez le patient source.
Une troisième recherche, qui s'est intéressée aux facteurs de risque de contamination chez les personnes récemment infectées (entre 1998 et 2001), montre que l'usage de drogue par voie intraveineuse constitue toujours la principale circonstance de risque. Mais cette étude met également en évidence la persistance d'un risque, certes beaucoup plus faible, lors d'actes médicaux invasifs et répétés.
Enfin, un quatrième travail a concerné les déterminants de la transmission du VHC de la mère à l'enfant.
La première porte sur les stratégies de prévention à mettre en oeuvre chez les usagers de drogues. La politique de réduction des risques, qui a permis une très nette diminution de l'incidence des contaminations par le VIH, s'avère en effet avoir un impact plus limité pour le VHC, en particulier du fait de la prévalence élevée de l'infection chez les usagers de drogues par voie intraveineuse d'une part, et la plus forte transmissibilité de ce virus, d'autre part. Il convient donc d'explorer de nouvelles formes d'intervention auprès des usagers de drogues et de mettre sur pied des protocoles de recherches appliquées évaluant leur efficacité. Sachant que le contexte illicite de la consommation de drogues ne facilite pas la mise en oeuvre de telles études.
La seconde priorité concerne la vaccination anti-hépatite B. Après avoir connu une très forte diffusion durant la seconde moitié des années 90, cette vaccination connaît une évidente désaffection et une méfiance, voire un rejet, tant de la part du public que des professionnels de santé, depuis la déclaration de cas de sclérose en plaque chez des personnes ayant reçu ce vaccin, bien que le lien de causalité ne soit pas établi. Mieux comprendre les ressorts de cette "crise" , évaluer la perception de la vaccination et les déterminants de la désaffection des professionnels de santé et du public, et évaluer des stratégies d'amélioration de l'adhésion à la vaccination des groupes cibles de la vaccination sont des priorités pour l'ANRS.
Au-delà de ces deux priorités, il existe toute une série de thèmes de recherche étudiés, en particulier la perception des traitements par les patients, les barrières au dépistage et à la prise en charge, notamment au sein des populations socialement défavorisées et les populations immigrées, l'observance et la qualité de vie.
Il faut promouvoir des essais d'intervention expérimentaux ou quasi-expérimentaux sur ces différents thèmes. Un séminaire de recherche sur cette approche méthodologique sera organisé par l'ANRS en 2008.
Tout ceci nécessite de mobiliser des chercheurs et de mettre en place des synergies entre différentes disciplines. La revue d'épidémiologie et de santé publique a publié dans un numéro spécial en juillet 2006 (volume 54, hors série n°1 - éditeur Masson) plusieurs articles portant sur ces priorités.
Pour en savoir plus
> Consultez les Axes prioritaires de recherche en santé publique, sciences de l'homme et de la société